mercredi 30 septembre 2009

Témoin d'une histoire océanique : le Chenaillet



Après notre visite du fort Gondran, nouq sommes partis à la conquête du Chenaillet, à la recherche des différents marqueurs de la croûte océanique. Le premier marqueur fut la disposition de roches tout au long de l'ascension. Nous avons tout d'abord rencontré des péridotites, roches permettant la formation d'autres roches par fusion. La péridotite est composée de pyroxène ( cristaux vert doré ) et de pâte noire ( composée de serpentine, d'olivine et plagioclase).




La deuxième roche rencontrée est le gabbro issu du refroidissement lent de magma provenant de la litosphère. Le gabbro est composé d'une structure grenu, il est clair et riche en plagioclase. On a identifié des marqueurs minéralogiques du métamorphisme hydrothermale : le hornblend autour du pyroxène, la chlorite et l'actinote en filon vert.




La troisième roche est le basalte, roche volcanique issue d'un refroidissement rapide, nous l'avons rencontrée sous deux formes : tout d'abord en filon au sein des gabbros et ensuite sous forme de coussins (pillow-lavas).




On peut donc confirmer que le Chenaillet constitue une ancienne croûte océanique située dans une chaîne de montagne ( à 2000 mètres d'altitude ), conséquence du phénomène d'obduction.




Les roches sédimentaires du rocher de la Perdrix ( radiolarite et calcaire à calpionelles datés du Jurassique supérieur ) confirment la présence d'un ancien océan à grande profondeur.

Visite du fort Gondran



Après s'être levés aux aurores et avoir pris un bon petit-déjeuner, nous avons rejoint Montgenèvre et le Chenaillet en autocar afin de visiter le fort construit dans le début des années 1930 après l'experience de la Première Guerre Mondiale, il fut bâti dans un but défensif, c'est un fort d'infanterie, c'est un des forts de la ligne Maginot. Le fort Gondran se situe sur la frontière avec l'Italie ce qui en fait un fort de défense rapprochée.



En ce qui concerne la structure du fort, ce bijou de l'architecture défensive de l'époque est enterré a 15 mètres de profondeur, il est doté d'un système d'extraction des gazs nocifs utilisant une technique de décompression manuelle unique à l'époque.


Ce fort étant capable d'accueillir 40 hommes en autarcie pendant un mois grâce à des capacités de reserve de fioul utilisé par le groupe électrogène datant de 1935 (et toujours opérationnel), des réserves d'eau limitées a 10L par personne et par jours. Ce fort etait un fort confortable malgré les apparences (cf photos), chaque soldat avait un lit individuel mais il subsistait toujours un manque d'hygiène: une seule laterine et 4 robinets.





Le fort était muni d'une tour G.F.M (Guetteur Fusil Mitrailleur) ainsi qu'une double mitrailleuse capable de tirer 750 balles à la minute jusqu'à 5 km.






Cette visite nous a permis de nous rendre compte de la dureté des conditions de vie des soldats risquant de provoquer chez certains une dépression grave : la bétonnite.